Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Ille et Vilaine (35)
  • SAINT-MALO : LA LISTE DE « GAUCHE UNIE » ET LE NPA...

    Au mois d’avril dernier, notre comité NPA avait pris l’initiative de convoquer des réunions exploratoires en vue d’apprécier les convergences possibles entre les « partis de gauche » (LFI, PCF, Génération.s, UDB, EELV, POID) pour éviter une dispersion lors des prochaines municipales. Après deux réunions assez positives en avril et juillet, nous avions proposé un communiqué commun annonçant que 5 organisations (LFI, Génération.s, EELV, POID et NPA) s’étaient accordées « pour travailler ensemble à la constitution d’une liste pour les élections municipales ». Faute de validation, ce texte n’est jamais paru mais notre initiative a été reprise peu après par EELV, élargissant les invitations au PS et à Place Publique.

    Nous avons activement participé à ces nouveaux échanges, apportant notre contribution à la rédaction d’une charte et aux ateliers thématiques, en insistant toutefois à chaque réunion sur le fait que l’unité ne pouvait se faire que si EELV et le PS dressaient un bilan public et critique de l’action de leurs élu.es au conseil municipal depuis 2014 et des leçons qu’ils tiraient de l’action des gouvernements auxquels leurs partis avaient participé sous le quinquennat Hollande.
    On sait que le PS a fait un petit pas dans cette direction en évoquant dans la presse (Ouest-France du 3 octobre) le bilan de ses élu.es municipaux depuis 2014. Pour autant, rien sur le bilan du quinquennat Hollande et strictement aucune expression d’EELV sur ces sujets. Mieux, lors d’une réunion unitaire le 3 octobre, EELV annonçait ses exigences quant à la composition et à la tête de la future liste, ce qui suscitait des objections de la plupart des courants politiques représentés. Toutefois, concédant de n’exiger qu’une seule tête de liste (au lieu du binôme femme-homme annoncé initialement), EELV obtenait l’accord de toutes les composantes—à l’exception du NPA—pour la publication d’un communiqué annonçant la constitution d’une liste commune « des forces de la gauche écologiste, sociale et solidaire ». Sauf que, rebondissement le 7 octobre, dans un article publié dans Ouest-France, EELV revenait à ses exigences initiales provoquant un nouveau tollé, certains allant jusqu’à faire part de leur « sidération »...

    Au delà de ces chamailleries de boutique, qui confirmaient que certaines formations politiques s’avèrent incapables de résister aux tentations hégémoniques dès lors qu’elles ont fait un score électoral à 2 chiffres, notre comité NPA refaisait le point sur son positionnement par rapport aux municipales de 2020.
    A dire vrai, le projet de communiqué d’annonce de cette fameuse liste « des forces de la gauche écologiste, sociale et solidaire », mettait clairement en évidence le double langage pratiqué par les organisations socio-libérales. Pour s’en convaincre, s’il en était encore besoin, un paragraphe du projet de communiqué (repris désormais dans la Charte de leur liste) disait ainsi : « cette plateforme a vocation à rassembler toutes celles et ceux […] qui s’opposent aux politiques libérales et qui veulent ouvrir la voie à de réelles et concrètes alternatives économiques, sociales, pour changer la vie des classes populaires et moyennes, répondre aux défis des transitions (écologiques, économiques, sociales » . Comme si le parti socialiste et EELV s’étaient opposés aux politiques libérales au moment où ils étaient au gouvernement, alors même qu’ils les ont mises en œuvre. Comme si par un certain nombre de leurs votes au conseil municipal et par leur absence sur le terrain des luttes locales (Nielles, Louisiane, Gilets jaunes…), ils n’avaient pas contribué à livrer la ville à l’appétit des promoteurs et entrepreneurs et s’étaient tenus soigneusement à l’écart de cet épisode (non clos) de la lutte des classes. Comme si, ils avaient changé la vie des classes populaires, alors que précisément le mouvement des Gilets Jaunes est venu leur rappeler la profondeur de la crise sociale et des difficultés à vivre des classes populaires, des retraités, des jeunes... ) .
    Par ailleurs, à aucun moment ce projet de communiqué, ce qu’on pouvait légitimement attendre d’un cartel de 7 organisations politiques nationales, ne mentionnait l’inscription de la liste dans une démarche de solidarité avec les luttes des travailleurs et des classes populaires contre les attaques de Macron visant les acquis sociaux (retraites, services publics, en particulier l’hôpital, pouvoir d’achat), attaques qui se mettent dans les pas de celles menées par les présidents et gouvernements précédents, tels ceux de Valls. De même, pas un mot sur le mouvement des gilets jaunes qui constitue une forme de riposte à ces agressions, pas un mot sur la répression subie par ce mouvement.

    Dans ces conditions, le comité NPA du pays malouin ne pouvait accepter que certains masquent ainsi les responsabilités de leur courant politique dans la dégradation des conditions de travail et de vie des classes populaires et tentent de se refaire une « virginité politique » à l’approche d’une échéance électorale au sein d’un rassemblement large, ceci en éludant les questions sociales et en faisant l’économie d’un bilan critique de leur action au sortir d’un mandat.

    Dans son souci d’éviter une dispersion des forces de gauche, le NPA qui pensait que faire ce bilan public au plan local était possible pour eux et pourrait être un pilier du rassemblement envisagé, ne pouvait adhérer à un tel contenu. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes retiré de cette démarche et ce pourquoi nous ne soutiendrons pas la liste de la « Gauche écologique, sociale et solidaire », avec le regret cependant que certains camarades, de la France Insoumise ou de Génération.s, pourtant critiques sur l’activité du PS et d’EELV au plan national et local, se soient laissés entrainer sans combat dans cette aventure. Mais c’est leur affaire !